Catégorie : Le jardin pas à pas

  • Le jardin mois par mois… Octobre en Franche-Comté

     

    Dictons – Récolte rentrée, hiver assuré.

    Octobre le beau, offre au jardinier son repos.

     

    A faire

    Taillez en petits tronçons les reliquats de culture et laissez-les composter sur place, ajouter feuilles mortes et vieux composts pour une couverture hivernale du sol.

    Plantez les vivaces, fleurs, aromates, arbustes. Dans notre région pour que l’enracinement puisse se faire, il vaut mieux s’y prendre dès octobre, sauf pour les arbres.

    Récoltez les derniers potirons et stockez-les, non pas à la cave, mais dans la salle à manger (toutefois éloignés du mode de chauffage) dans de jolies corbeilles mises en scène.

     

    Les abris pour les légumes

    Pour protéger les légumes d’hiver restés dans le jardin le voile d’hivernage en non tissé appelé P17 est très efficace et évite la condensation générée par les matières plastiques. On le pose sur des arceaux par-dessus les plantes et on l’enlève lors des journées ensoleillées pour permettre une bonne aération. Les mini-tunnels en plastiques transparents ont davantage besoin d’être aérés. Le gain de température est de 2 à 4°C selon l’exposition. Les cloches en verre ou en plastique sont particulièrement intéressantes pour les plantes vivaces et pour avancer la récolte de la rhubarbe par exemple. Enfin un paillage épais de feuilles mortes ou de compostage urbain garde un peu la chaleur du sol.

     

    Des endives maison

    Le cycle des endives est long, mais c’est la seule contrainte. Dès la récolte, on dispose les racines dans un seau au fur et à mesure des besoins.

     

    Explications :

    • semez l’endive en juin, en ligne, il ne faut pas garder plus de 10 plants par mètre linéaire.
    • arrosez et désherbez régulièrement pendant l’été.
    • octobre – novembre arrachez les racines, enlevez les feuilles à 2cm du collet, taillez les racines à 20 cm de longueur et laissez sécher quelques jours. conservez-les dans un endroit frais.
    • disposez, chaque semaine, les racines côte à côte dans un seau à mettre dans un endroit tempéré et à l’abri de la lumière. Récupérer les chicons au fur et à mesure de vos besoins. La récolte se poursuit tout l’hiver.

     

    Les stars de l’automne

    Vous ne les avez peut-être pas cultivées cette année, mais vous pouvez les découvrir dans certains magasins bios et dans la chaîne du Grand Frais.

                                                                        Capucine tubéreuse
                                                          Illustration – Martina Rajtmajerova  

     

    J’y passe des heures (initiative spontanée) à faire connaître ces légumes anciens tant ils peuvent égayer nos potées d’hiver, hiver très long dans notre région. Mon intérêt est double : les faire connaître et rendre au jardinier la capacité de les reproduire, puisqu’il s’agît de tubercules ou de racines qu’il suffit de conserver jusqu’au printemps, pour les replanter comme des pommes de terre. Capucine tubéreuse, oca du Pérou, cerfeuil tubéreux, persil racine, poire de terre pour une fois que nos marchands de légumes nous proposent des nouveautés, à nous de les acheter (pour les cultiver l’année prochaine) pour qu’ils ne tombent pas dans les oubliettes. Sinon c’est mort, on retourne à nos patates… six mois d’hiver tout de même, un peu de diversité est bienvenue !

                                                                                                                                           Josiane GOEPFERT                                                                                                                     Le Potager d’une curieuse

  • Le jardin mois par mois… Septembre en Franche-Comté

     

     

    Dicton – En septembre si tu es prudent, achète grains, bois et vêtements.

    Et après avoir fait un tour, ce matin, dans les Jardins Ouvriers du Parc de la Douce à Belfort, j’ajouterai aux courses de ce mois, les légumes de garde, tant cette année a été rude pour les jardiniers avec de maigres récoltes.

     

    A faire

    – Plantez les bulbes à floraison printanière comme les tulipes, narcisses, perce-neige, crocus…

    – Repiquez les dernières salades comme les chicorées et les laitues pommées d’hiver. La chicorée pain de sucre (variété ancienne que l’on trouve encore en plants sur certains marchés) est la plus rustique au froid, avec la Vérone et la Grumolo Verde qui se sèment maintenant sous abri et se récoltent au printemps.

    – Récoltez les derniers légumes et stockez-les à l’abri du froid selon les consignes ci-dessous.

     

    La conservation des légumes racines

    Carottes, betteraves, radis noirs, céleris-raves se conservent en silo ou dans une cave à température fraîche et constante et à faible taux d’humidité.

    Les navets sont plus sensibles et ne supportent pas une longue période de gel dans un silo. Oups, et qu’est-ce qu’un silo ? Un silo peut être un tambour de machine à laver enterré dans le jardin au niveau du sol, ses trous permettent l’aération des légumes et sa composition n’est pas propice pour les dents des rongeurs. Si vous n’en disposez pas vous pouvez faire le même usage avec une caisse en bois assez épais, qu’il faudra, néanmoins, changer chaque année . Mais connaissant le principe vous connaissez sans doute d’autres contenants ?

     

    Récoltez les légumes feuilles

    Que faire des choux et des poireaux ? On peut en théorie les laisser en place dans le jardin (comme les légumes racines en fait), mais les périodes de gel et dégel les abîment au point de devoir enlever de plus en plus de feuilles extérieures tout au long de l’hiver.

    L’astuce, consiste à les récolter et les entreposer semi-enterrés le long d’un mur exposé au Nord. Ils seront plus accessibles sous le gel et la neige et surtout, à l’abri de la pluie qui les fait pourrir. Vous pouvez également les congeler, ce qui est bien pratique puisqu’ils seront prêts à être cuisinés. Dans ce cas inutile de les blanchir, contentez vous de les découper selon vos recettes. Et là aucune perte, c’est garanti !

    Illustration – Martina Rajtmajerova
     

    Cuisinez les légumes fruits

    Les derniers légumes à ratatouille sont à cuisiner et à stériliser. Les haricots, choux-fleurs et fenouils peuvent être stérilisés cru, ou après blanchissement. Les courges musquées et les potirons servent à décorer le salon, pas trop près du feu tout de même, on les dispose trop souvent dans une cave un peu humide où ils finissent par pourrir. Normalement, les potirons conservés à 18-20° continuent à mûrir et à développer leurs arômes et leur taux de sucre… à condition de les avoir récoltés le plus tard possible.

     

    Les stars de septembre

    Ce sont les ‘cucus’ bien sûr ! Vous ne connaissez pas ? Bien sûr que si, je les appelle familièrement ainsi parce qu’ils font partie de la très grande famille des cucurbitacées, alias les courges et potirons. Une des informations les plus importantes de ma vie de jardinière a été de savoir les distinguer.

    Après avoir mentionné  les hybridations entre les variétés de haricots le mois dernier, nous voici lancés sur celle des trois principaux ‘cucus’.

    Les courges pepo (courgettes, coloquintes, pâtisson…) s’hybrident entre eux. Il faut les distancier de plusieurs dizaines de mètres pour que cela n’arrive pas. Mais ils ne s’hybrident pas avec les maxima que sont les potirons et encore moins avec les moschata qui sont les courges musquées. Pepo, maxima et moschata sont indiqués sur les sachets de semences.

    Pour récolter vos propres semences de ces courges et potirons, il faut veiller à ne pas les avoir mélangés entre eux dans le jardin afin qu’ils ne s’hybrident pas.

    Au pire, ce sont des graines qui se mangent en apéritif, grillées dans une poêle sans matière grasse. Bon appétit !

                                                                                                                                                                                                                               Josiane GOEPFERT
                                                                                                                                                                               Le Potager d’une Curieuse

     

     

  • Le jardin mois par mois… Août en Franche-Comté

    Photo – Maison Départementale de l’Environnement

     

    Dicton – Août mûrit, septembre vendange.

     

    A faire

    Taillez les herbes aromatiques : sarriette, basilic, menthe, estragon… afin de favoriser la repousse et une nouvelle récolte.

    Semez les laitues d’hiver et les chicorées scaroles en pépinière ou en godets s’il y a des limaces.

    Les engrais verts, phacélie, moutarde, féverole, vesce… semez les maintenant dans tous les espaces libres, parcelles et allées y compris.

     

     

      Illustration – Martina Rajtmajerova  

     

    Composter les fanes de légumes sur place ?

    Les parcelles du potager requièrent un compostage de surface. Il évite binage et désherbage tout en retenant l’humidité du sol. Il est souvent assuré par les tontes, des feuilles mortes, de la paille ou du foin selon les disponibilités.

    Certains ajoutent les fanes de légumes, les épluchures de cuisine, bonne pratique ou fausse bonne idée ?

    L’opération consiste à retirer le paillage en place pour le remplacer par les déchets de cuisine, en y ajoutant les ‘mauvaises herbes’ du moment, puis recouvrir l’ensemble par le paillage que l’on vient d’écarter.

    Si ce dernier est ligneux (paille) l’avantage est d’apporter de l’azote pour une fertilisation plus équilibrée. Recouvrir cet apport (au lieu de le mettre sur le paillage en place) est indispensable pour éviter le dispersement par les animaux et pour l’esthétique.

    Et la gestion des limaces ? Bien sûr elles vont venir faire leur travail de décomposeurs de matière organique. Aussi, je ne conseille cette pratique que sous des légumes bien installés qui sont moins appétents pour les gastéropodes et non sous les jeunes semis ou repiquages.

     

    Les stars de l’été

    Les semences des haricots à rames font partie des graines que l’on se transmet de génération en génération dans les familles jardinières. Parfois on ne sait même plus le nom de la variété qui a fini par être nommée « haricot de Dédé » ou « de la Tatie Jeanne ».

    Justement, la première, je l’ai trouvé en Haute-Saône où elle est très appréciée parce que ce haricot est à la fois, un mange-tout et une gousse à grains que l’on mange encore vert alors que la gousse elle-même reste tendre.

    Si vous avez la chance de disposer de telles semences, veillez à en isoler la culture pour garder la pureté variétale. En effet, les haricots s’hybrident facilement entre eux. L’isolation est plus facile à réaliser dans un jardin familial que dans une parcelle de jardins communaux ou associatifs.

    Une année, j’avais mélangé une variété jaune et une violette sur les mêmes rames, j’ai bien récolté des haricots de deux couleurs mais aussi des verts issus de l’hybridation.

    Dans tous les cas, pour récolter les grains secs en fin de saison, laissez dès à présent mûrir les gousses du bas afin qu’elles aient le temps de sécher.

    Josiane GOEPFERT  
    Le Potager d’une Curieuse
  • Le jardin mois par mois… Juillet en Franche-Comté

    Photo – Maison Départementale de l’Environnement

     

    Dicton – Soleil de juillet donne fortune au jardin.

    Calendrier phénoménologique – Les fleurs des tilleuls ont cédé la place aux graines, les groseilles mûrissent,les lavandes fleurissent, même chez nous ! Les chenilles vertes et jaunes des papillons machaon grimpent sur leur plante fétiche, le fenouil.

     

    A faire

    – Divisez les fleurs du printemps, primevères, iris, renoncules.

    – Profitez de la fin des récoltes de petits pois et des tuteurs en place pour y semer des concombres. 

    – Semez et repiquez les légumes d’hiver, carottes, choux, betteraves, navets, radis noirs, choux chinois et la première mâche.

     

    Groseillier à maquereau
    Illustration – Martina Rajtmajerova       

     

    Plantes en stress 

    Au-delà de 32°C les plantes souffrent, les fleurs avortent, les tomates ont du mal à mûrir.

    Installez des filets d’ombrage, à positionner vers l’ouest afin de masquer le soleil de l’après-midi. En les hissant sur des piquets en bois, au-delà de 2 m de haut, l’ombre portée sera plus importante.

    Pour conserver un peu de fraîcheur au sol, paillez-le avec la tonte du gazon et si vous n’en avez pas les déchetteries en regorgent et seront ravies de vous rendre ce service. Vous y trouverez aussi d’autres déchets végétaux à recycler de la même manière.

    Seul critère, plus les brins sont petits moins la couche de paillage sera épaisse (2 à 3 cm pour la tonte) pour éviter les fermentations anaérobies qui sentent la pourriture. Par contre vous pouvez en rajouter chaque semaine.

     

    Gagner de la place au potager

    Choisissez de semer ou planter des variétés de légumes grimpants sur du grillage, des tipis, le long d’un mur, d’une pergola. Cette dernière permet une culture estivale en dessous, comme les choux (sauf le chou-fleur) les épinards, les salades qui apprécient l’ombrage en été.

    Surélevez tout ce qui prend trop de place au sol : les concombres, potirons, tomates, à l’aide de ficelles (en serre) ou de tuteurs.

    N’attendez pas qu’une parcelle se vide pour y installer la prochaine culture. Quand cela ne s’avère pas possible, par exemple sous les tomates ou la seconde culture n’aurait pas assez de lumière. Je sème en mini-mottes, ma première mâche qui aura déjà bien démarré au moment de la mise en terre. Ce procédé permet de doubler, voire de tripler la taille de cette salade… à condition bien sûr de lui donner une terre fertile.

     

    Les stars de juillet

    Photo - Josiane Goepfert

                       Photo – Josiane Goepfert

    Les tomates les plus précoces sont celles qui ne font que deux bouquets de fleurs, et pas de gourmands, on les appelle « à port déterminé », elles peuvent produire dans notre région dès fin juin. Stupice, Délices d’Or, Early Siberian et Glacier sont les plus connues.

    Viennent ensuite des sélections des pays nordiques, voir de la Sibérie. On en récolte les premiers fruits vers le 14 juillet.

    Mais connaissez-vous cette variété dite De Berao ? Vigoureuse, elle grimpe jusqu’à 4 m de haut (je l’ai attachée à une gouttière) se développe en liane avec peu de gourmands. Elle est aussi réputée pour son excellent état de santé, sa grande productivité jusqu’à 1250 m d’altitude hors serre. De type Roma elle donne de très bons coulis et… des voisins épatés ! Sortez l’échelle !!!

    Vous la trouverez : https://www.fermedesaintemarthe.com/A-7784-tomate-de-berao-ab.aspx https://kokopelli-semences.fr/fr/p/P6104-de-berao

                                                                                                                                                    Josiane GOEPFERT                                                                                                                                      Le Potager d’une Curieuse

  • Le jardin mois par mois… Juin en Franche-Comté

     

    Photo – Maison Départementale de l’Environnement

     

    Dicton – Avant la Saint Jean, ta récolte ne vante.

         Calendrier phénoménologique – En juin la glycine, le robinier faux acacia embaument l’air.            Le 21 juin, au petit matin pour respecter la tradition, allez courir pieds nus dans la rosée et dès sa dissipation, cueillez les herbes de la Saint Jean pour en faire des tisanes médicinales.

     

    A faire

    – Semez en place les carottes, radis, fenouils, maïs doux, haricots, navets…

    – Récoltez le basilic, même si vous n’en avez pas l’usage il faut le tailler régulièrement pour éviter sa mise en fleurs qui stopperait la croissance, faites du pesto.

    – Nouez les tiges d’ail afin de concentrer la sève dans les têtes.

     

    Désherbez, paillez !

    Tout pousse, les légumes et leurs plantes compagnes appelées mauvaises herbes.

    Il n’y a pas si longtemps, laisser ces herbes dans le potager engendrait des regards noirs de la part des voisins. C’est que le jardinier a appris à « faire propre ».

    Les nouvelles recherches de « malherbologie » nous ont appris à nuancer le concept et aussi à convertir ces herbes spontanées en paillage. Rapidement dégradées en terreau en cette saison, elles apportent de la vie au sol et même les limaces les préfèrent aux légumes cultivés et bien installés qui ont perdu de leur tendreté.

    Cet usage réduit aussi les arrosages et le besoin de fertilisation, justement parce qu’au lieu de les mettre sur le compost on gagne du temps et de l’efficacité, un compostage en surface en somme.

     

    Le purin d’ortie

    Coupez l’ortie avant sa floraison, 1kg de plante fraîche à mettre dans 10 l d’eau de 3 à 15 jours, jusqu’à ce que la fermentation cesse, ce qui se fera selon la température. Brasser chaque jour plusieurs fois avec un bâton afin de créer des tourbillons et ainsi oxygéner l’eau.

    Le purin d’ortie stimule la vie microbienne du sol, améliore la fonction chlorophyllienne et se comporte comme un activateur du compost.

    Dilution à 5% en pulvérisation foliaire et à 10% en arrosage des plantes (lutte contre la chlorose) et du compost.

     

    Les stars de juin

    Lonicera kamtchatica…, si nos chèvrefeuilles indigènes sont toxiques en voici un dont les baies sont délicieuses. Ce buisson d’environ 1m3 avec son feuillage vert clair est très élégant.

    Premier arbuste à donner des fruits, bien avant les groseilliers et les framboisiers, celui-ci appelé « chèvrefeuille à baie de Mai » donne ses fruits plutôt en juin. Ils sont oblongs, de la couleur des myrtilles, acidulés et ne se consomment que lorsqu’ils se récoltent facilement en les effleurant, avant, ils sont trop acides. Toutes les recettes de desserts aux petits fruits crus les valorisent.

    Le rutabaga n’est pas le chou préféré des jardiniers-cuisiniers. Pourtant il est encore présent dans les potagers du Nord, d’Alsace et de Bretagne.

    Chou-navet dont on mange la grosse racine blanc crème, il peut être à collet vert ou violet.  C’est un légume d’hiver qui se conserve en cave ou en silo.

    Il est encore temps de le semer en pépinière, à repiquer dans un mois en place pour une récolte dès le début de l’automne. Personnellement je le préfère cru en salade.

     

       RutabagaIllustration de Martina Rajtmajerova  

     

    Rutabaga ou navet – Famille des Brassicacées

    • Les navets sont généralement beaucoup plus petits que les rutabagas.
    • Typiquement, les rutabagas ont une chair jaune et les navets ont une chair blanche. Cependant, il existe des variétés à chair blanche, jaune, orange et rouge chez les deux légumes.
    • Les navets ont généralement une peau blanche ou une peau blanche avec un sommet violet, tandis que les rutabagas ont généralement une peau jaune avec un sommet violet.
    • Les feuilles de rutabaga sont lisses, cireuses et vert bleuâtre comme les feuilles de chou, les feuilles de navet sont vertes, un peu rugueuses et couvertes de poils raides clairsemés.

     

        Josiane GOEPFERT
    Le Potager d’une Curieuse
  • Le jardin mois par mois… Mai en Franche-Comté

    Photo – Thomas Bresson – « Crachat de coucou »
                                   La cicadelle écumeuse dépose une bave mousseuse que l’on appelle, le « crachat de coucou »,                                            pour protéger ses larves du dessèchement et des prédateurs.

     

    Dicton – Rosée abondante rend le paysan content.

    Calendrier phénologique – Le martinet noir et le loriot sont de retour début mai. De même que les         « crachats de coucou » sur les plantes, qui n’ont rien à voir avec les coucous. Ce sont des amas d’air et de sève sécrétés par des cicadelles dites écumeuses, sans aucun dégât sur les végétaux.

     

    A faire

    Semez choux et salades d’automne, arroches, betteraves, carottes, c’est la 2ème vague de semis après celle de mars-avril. C’est le moment de tester tous les légumes anciens ou nouveaux que vous aimeriez apprivoiser.

    Posez des filets anti insectes pour limiter la prolifération de la mouche de la carotte et de la piéride du chou.

    Repiquez vos plants de légumes d’été, artichauts, maïs, concombres…

     

    Savez-vous tondre la pelouse ?

    J’ai enfin réussi à convaincre un ami à ne tondre que très partiellement sa pelouse. Il est propriétaire d’un gîte, donc le visuel est très important pour lui. L’année dernière, il a fait des couloirs paysagers de circulation et a laissé fleurir et grainer une bonne partie de la superficie. C’était beau et de nouveaux papillons, insectes et coccinelles sont venus profiter de l’aubaine.

    Démarrez la tonte par le milieu pour que les animaux présents aient le temps de s’enfuir.

    Et bonus… moins de nuisance sonore, du temps et de l’argent récupérés pour faire d’autres aménagements ou… de la chaise longue. La deuxième coupe a eu lieu seulement après la reproduction des fleurs et des graminées, et à 10 cm de haut pour ne pas raser l’herbe et la condamner à sécher sous le soleil estival.

     

    La kalte Sophie


    Traduction – La froide Sophie . Sainte Sophie de Rome est encore invoquée aujourd’hui contre les gels tardifs, notamment en Alsace et en Allemagne. Commémorée le 25 mai, elle symbolise la fin des dates des gelées, contrairement aux autres Saints de glace célébrés du 11 au 13 mai.

    Bien avant les modifications climatiques, j’ai subi à Froidevaux – petit village du Doubs à 702m d’altitude – une gelée en juillet. Les anciens disaient qu’il peut geler tous les mois de l’année dans de tels villages.

    Ce qu’il faut en retenir, c’est que rien n’est jamais acquis et avoir en réserve des voiles ou des plastiques de protection du froid est une sage précaution.

     

    Les stars du mois de mai

    L’oignon de Mulhouse : jaune cuivré et pailleux est adapté à notre région parce qu’il peut se reproduire par semis en mai-juin. On repique ses bulbilles l’année suivante.

    On peut aussi, acheter des bulbilles à mettre en terre dès le mois d’avril mais ils se font de plus en plus rares. Pourtant la conservation et le rendement sont exceptionnels dans notre région.

    Distancer les bulbilles de 12 cm sur une ligne en les enfonçant de 3cm. Ils ne doivent pas manquer d’eau pour donner            de gros bulbes.

    L’oignon de Mulhouse 
     Illustration de Martina Rajtmajerova

     

    Le raifort : aromate vivace plus forte en huiles essentielles que la moutarde est aussi forte qu’un wasabi. Le raifort se cultive aussi facilement qu’une rhubarbe : vivace, il a son emplacement définitif et on ne s’en occupe plus, sauf pour la récolte. Pour ce faire, le meilleur conseil est de vous équiper de lunettes de soudure.

    Dans le commerce, on trouve des pots de raifort prêts à l’emploi au même titre que la moutarde de Dijon, mais sa saveur est atténuée par de nombreux ajouts de crèmes et de compléments alimentaires.

    Râpé et préparé sans crème, le raifort se conserve des semaines au froid, à condition d’y ajouter du jus de citron pour éviter son oxydation. Il accompagne volontiers des grillades ou un pot au feu et rehausse la saveur d’une purée de pommes de terre.

    Josiane GOEPFERT   

    Le Potager d’une Curieuse

  • Le jardin mois par mois… Avril en Franche-Comté

    Photo – Isabelle Wiedensohler

    Dicton –  Il n’est d’avril si beau, qui n’ait de neige à son chapeau.

                         Selon le dicton, il faudra attendre la floraison de l’épine blanche, l’aubépine pour ne plus craindre les gelées.

    Calendrier phénologique –  L’anémone pulsatile en pleine floraison a fait un caprice givré puis enneigé.  Fraisiers, groseilliers, baies de mai et autres petits fruits déploient leurs fleurs de concert avec les prunus, mahonias et acacias, et la fameuse ‘épine noire’, le prunelier.

     

    A faire

    • Repiquez vos semis de tomates, aubergines et piments bien au chaud. Plantez vos premières salades sous serre tout en surveillant la météo pour les abriter dès que la température descend en dessous de 10°C.
    • Redynamisez le sol avec des apports en compost pas tout à fait décomposé (stade vers de terre) et deux pulvérisations de purin d’orties à 10 jours d’intervalle.
    • Plantez les bulbes à floraison estivale, oignons, glaïeul, dahlias, ainsi que les pommes de terre primeurs si vous pouvez les protéger en serre ou mini serre.
    • Semez les choux en barquettes et les cucurbitacées (concombre, courgette…) en godets et gardez les bien au chaud jusqu’au stade premières vraies feuilles (mi-mai).

     

    Purin et tisane d’ortie

    Le purin ou extrait fermenté est obtenu en laissant macérer les jeunes orties dans de l’eau de pluie ou si elle doit être du réseau en l’ayant laissé se libérer du chlore pendant quelques heures à température ambiante. Selon la température la fermentation est plus ou moins rapide, les bulles apparaissent. Dilué à 10% il va stimuler la vie du sol (par arrosage) la croissance des jeunes plantes exigeantes en azote, et celle des jeunes plants de tomates au moment du repiquage en godets. Pour le conserver il faut absolument le filtrer avec un tissu, le mettre en bidon à remplir au maximum pour éviter tout contact avec l’air.

    Une tisane d’ortie s’obtient par une infusion de la plante fraîche dans de l’eau frémissante, jusqu’à refroidissement de celle-ci. Diluée à 20% elle stimule la vitalité et la santé des jeunes plants, et particulièrement, la résistance aux maladies cryptogamiques (dues aux champignons). Préparée rapidement, elle a cependant l’inconvénient de ne pas se conserver.

     

    Divisez les aromatiques

    Oseille, ciboulette, origan, marjolaine, thym, menthes, estragon, monarde, mélisse se divisent en plusieurs plants. Pour cela, coupez-les en 2 ou 3 avec une bêche et repiquez-les à 20 cm de distance les uns des autres. Cette division est salutaire pour le rajeunissement des vieilles souches.

    Pour connaître les plantes qui se divisent, observez leur structure, l’étalement en surface ?

    Ok, plusieurs tiges formant un arbuste comme la sauge et le romarin? Ce n’est pas gagné, s’il n’y a pas de marcottage,        c’est-à-dire des tiges retombées au sol qui se sont enracinées d’elles-mêmes.

     

    Les stars du mois d’avril

    Le physalis peruviana : les fruits ressemblent à ceux de «l’amour en cage» rouges et utilisés dans les bouquets secs, sauf que la membrane en forme de lanterne est claire et devient de la dentelle avec le temps. Ces « Coquerets du Pérou » sont les plus connus dans le genre des physalis. Ils sont délicieux en salade de fruits, tartelettes et servent de décoration dans beaucoup de desserts.

     

    Illustration – Martina Rajtmajerova 

     

     

    C’est le moment de les semer à l’intérieur, même mode de culture que les tomates mais avec une croissance plus rapide. On commence à les trouver en plants et en barquettes de fruits. Conservez les graines d’une année à l’autre.

    Concombre Le Généreux : faisons fi de ces concombres de supermarché et semons, vers le 15 avril en godets ou un mois plus tard directement en pleine terre, une variété ancienne dite Le Généreux. Mi-hâtive (récolte d’été), rustique et productive elle mérite d’être sur le podium des meilleures variétés gustatives. Bonus! N’étant pas un hybride vous pouvez en récolter les semences. Petits, les fruits présentent des petites épines qui disparaissent à maturité. Les derniers fruits de la saison n’atteignant plus ce stade avant les gelées seront cueillis et mis au vinaigre comme des cornichons.

    Pour avancer ou diversifier la production des concombres vous en trouverez de toutes sortes, souvent très inattendues au visuel comme au goût, mais toujours très bonnes, à la fermedesaintemarthe.com, catalogue en ligne.

    Josiane GOEPFERT

    Le Potager d’une Curieuse

  • Le jardin mois par mois… Mars en Franche-Comté

     Photo – Josiane Goepfert

    Dicton Pluie de mars, tant vaut pisse de renard. 

    Calendrier phénologique Les forsythias en fleurs annoncent le printemps, de même que les jonquilles, pensées, pervenches… 

     

    A faire 

    • Semez les tomates à l’intérieur, près d’une source de chaleur ou sur une résistance électrique. A savoir : les choix de variétés sur les marchés sont beaucoup plus importants en semis qu’en plants.
    • Taillez les haies, arbustes, arbres et petits fruits avant leur reprise végétale, dans notre région il est avantageux de tailler les rosiers maintenant plutôt qu’en automne, on élimine en même temps les branches ayant eu des dégâts cet hiver. 
    • Prélevez des boutures, c’est le moment de prélever des boutures de géranium, vigne, cassis et groseilliers, ainsi que des greffons sur les fruitiers. Les boutures vont directement en godets au chaud et les greffons dans le bas du frigo (bien emballés dans un linge humide et un sac plastique), ils seront greffés le mois prochain. 
    • Paressez en rêvant à votre jardin de cette année, n’oubliez pas que les conseils de semis donnés pour la moyenne nationale ne nous concernent guère, que les semis de choux et laitues fait en avril … seront plus vigoureux que ceux de mars.

     

    semis de plants potagers dans différents contenants de récupération

     

    Compostez en surface : en hiver les habitants du compost sont plutôt au repos, il n’y a guère que les humains pour faire de cette saison une saison d’hyperactivité !

    Où que soit votre compost, du balcon au jardin, voire du bac sous l’évier pour les plantes d’intérieur, il est temps de vérifier sa composition avant usage.

    Si vous avez bien ajouté du carbone sous forme de carton (rouleaux de papier WC/essuie-tout, sacs papier des courses…) pendant tout l’hiver, le compost ne devrait pas être trop humide. Sinon, il est grand temps de le faire !

    La partie sous forme de terreau peut être utilisée telle quelle, dans les jardinières ou les parcelles du jardin. La matière qui contient encore des vers de terre, et/ou l’on reconnaît encore les matières initiales peut dès à présent servir d’amendement dans le jardin, en compostage ou paillage de surface… à recouvrir de feuilles mortes ou de sciure, à la fois pour des raisons esthétiques et pour permettre une décomposition aérobie (avec de l’air).

    Une des raisons principales des pathologies de nos légumes est une fermentation sans oxygène.Enfouir un fumier ou compost trop frais, favorise le développement des bactéries et champignons pathogènes. Un jardinier averti en vaut deux ! 

     

    Bricolage de protections printanières 

    De la bouteille en plastique coupée en deux pour faire mini serre, à la récupération d’anciennes fenêtres en verre, les jardiniers se sont toujours montrés bricoleurs pour chouchouter leurs semis de printemps. 

    Voici quelques exemples originaux à reproduire : 

    • semis de tomates en bouteilles : coupez celles-ci en deux, semez 2 à 3 graines au fond, vous rajouterez du terreau au fur et à mesure que les plants grandissent (ne gardez que le plus vigoureux). Ce procédé évite le premier repiquage et rend les plants plus vigoureux. 
    • cloches de recyclage : récupérez des cloches à fromages, saladiers en verre ou en plastique transparent, grandes bouteilles d’eau… pour protéger les jeunes plants dès leur mise en pleine terre. 
    • mini serre déplaçable : prévoyez une mini serre légère, facile à déplacer de la première parcelle de semis de salades, carottes, radis et des jeunes plants de tomates en mai, puis en septembre sur les légumes d’automne à préserver des gels précoces. Ainsi, à condition de garder la même taille pour toutes ses parcelles, elle sera vite amortie et servira presque toute l’année. 

                    

    Hémérocalle
    Illustration – Martina Rajtmajerova 
     

     

    Les stars de mars 

    Les stars du mois proposent deux variétés de légumes ou d’ornementales qui se distinguent particulièrement par leur caractéristique rustique et/ou gustative. 

    La laitue Saint Antoine : une montagnarde des Vosges –Jura –Alpes que l’on semait traditionnellement en janvier, qu’il gèle, vente ou neige.On roulait la neige pour découvrir le sol et déposait la semence sur le sol gelé. Elle attend une température clémente pour germer, pousse quand il fait bon, attend en rougissant lors des températures négatives. On ne la trouve plus que chez quelques marchands bios (Ferme de Sainte Marthe) parce qu’officiellement elle a été remplacée par la Reine de Mai, qui est bien moins rustique et goutteuse.

    L’hémérocalle orange : c’est une vivace ornementale précoce de nos jardins de curé. Si vous n’en avez pas encore dans le jardin, c’est le moment de l’acheter (avril au plus tard) et de la diviser. Actuellement, elle est déjà sortie de terre, on mange les jeunes pousses pour agrémenter les salades. Les fleurs sont délicieuses aussi, succès garanti dans le jardin et à table !

     

    Josiane GOEPFERT   

    Le Potager d’une Curieuse